Les États-Unis menacent la survie du cachalot: "Nous ne devons pas céder au harcèlement de Trump"
Une étude scientifique souligne la présence de cachalots dans une zone marine où les États-Unis veulent extraire des métaux rares. De quoi rappeler la nécessité d'approfondir les connaissances scientifiques sur l'impact de l'exploitation minière en eaux profondes, souligne Greenpeace.
- Publié le 24-06-2025 à 13h26

Une étude scientifique vient de confirmer la présence de baleines et de dauphins dans deux zones de l'océan Pacifique où The Metals Company (TMC), une entreprise américaine, souhaite extraire des métaux rares. L'étude confirme notamment la présence du cachalot, qui figure sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
L'étude, publiée ce 24 juin dans la revue scientifique Frontiers in Marine Science, a été menée par des chercheurs de l'université d'Exeter et des laboratoires de recherche de Greenpeace, à bord du navire Arctic Sunrise de Greenpeace. L'équipe de recherche a parcouru les deux zones pendant 13 jours et a effectué 74 observations acoustiques de cétacés, dont un cachalot, des dauphins gris et des dauphins communs, à l'aide d'hydrophones.
"Nous savions déjà que la zone abrite au moins 20 espèces de cétacés, mais nous avons désormais démontré la présence de certaines espèces dans des zones spécifiquement visées par TMC pour réaliser de l'exploitation minière en eaux profondes" explique le Dr Kirsten Young, auteur principal de l'étude (Université d'Exeter). "Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour obtenir une image complète de l'impact du bruit et des panaches de sédiments sur les cétacés, il est certain que l'exploitation minière en eaux profondes aura un effet négatif sur les écosystèmes océaniques, en particulier dans les zones reculées où la surveillance est particulièrement difficile."
Le président Trump enfreint le droit maritime international
Plus tôt cette année, le président américain Donald Trump a signé un décret présidentiel visant à accélérer l'exploitation minière en eaux internationales. Se faisant, il s'inscrit en violation du droit international, rapporte Greenpeace. TMC a alors déposé une demande d'exploitation minière commerciale en eaux profondes dans la zone concernée de l'océan Pacifique. "En agissant de la sorte, Trump et TMC sapent l'autorité de l'ISA, l'institution des Nations unies compétente en matière d'exploitation minière en eaux profondes et qui, jusqu'à présent, ne l'avait pas autorisée", poursuit l'ONG.
"Des études comme celles-ci nous montrent l'étendue de ce qu'il reste à découvrir sur les grands fonds marins et les nombreuses espèces qui y vivent", estime Ruth-Marie Henckes, chargée de campagne Océans chez Greenpeace Belgique. "Il serait totalement imprudent d'ouvrir les grands fonds marins à l'exploitation minière alors que nous les comprenons à peine. La Belgique doit continuer à s'engager pour que la recherche scientifique et la protection de l'environnement marin restent des principes fondamentaux dans les négociations de l'ISA. Nous ne devons pas céder au harcèlement de Trump ou aux intérêts commerciaux de quelques entreprises."
Appel à un moratoire
La nécessité d'approfondir les connaissances scientifiques sur l'impact de l'exploitation minière en eaux profondes sur l'environnement figure à l'agenda de la réunion de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) qui se tiendra en juillet en Jamaïque. La Belgique, en tant que membre du Conseil de l'ISA, participera à cette réunion.
Greenpeace estime enfin que "l'appel à un moratoire international sur l'exploitation minière en eaux profondes se fait de plus en plus pressant, tant parmi les scientifiques que parmi les gouvernements." Et rappelle que lors du récent Sommet des Nations unies sur les océans à Nice, quatre nouveaux pays ont apporté leur soutien au moratoire, portant le nombre total de pays qui le soutiennent à 37. Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a également appelé à mettre un terme à l'exploitation minière en eaux profondes.
